
Aménagement des ardoines - Hommage aux communardes
À Vitry, la volonté municipale tend, depuis plusieurs années à davantage de dénominations inspirées par des femmes afin de rééquilibrer les genres des noms de rues.
Suite à l'anniversaire des 150 ans de la Commune de Paris en 2021, le Conseil municipal a voté le 30 mars 2022, pour les 5 voiries au sein du secteur Descartes, la thématique portant sur des noms de femmes communardes.
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Les « communardes » sont des femmes ayant activement participé à la Commune de Paris en 1870-1871. Leur engagement a notamment permis de faire avancer les droits des femmes, l’amélioration du statut, les conditions de travail et de vie familiale, la parité etc. Grâce à leurs actions, les premières formes d’organisations structurées de femmes apparaissent pendant cette période, telles que l’Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés ou le Comité de vigilance de Montmartre.
Il vous est proposé de participer au choix de 5 noms, parmi 10 femmes communardes, qui seront donnés aux futures voies du secteur Descartes.
Victoire Léodile CHAMPSEIX dite ANDRÉ LÉO
COMMUNARDE, ÉCRIVAINE, MILITANTE FÉMINISTE ET RÉVOLUTIONNAIRE.
Écrivaine, elle publie dans Le Siècle « Le Divorce » puis édite à ses frais Le Mariage scandaleux qu’elle signe André Léo (sous un pseudonyme masculin, André Léo, du nom de ses deux enfants, à une époque où il est extrêmement difficile pour les femmes d’être publiées). Après la mort de son mari, elle poursuit seule l’éducation de ses enfants et s’engage dans la bataille politique et sociale dans les dernières années du Second Empire. Elle se range parmi les combattants de la Commune en 1871, fonde le journal La Sociale avec madame Jaclard, soutient les Droit de Paris, appartient à l’Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés. Après la Commune, elle fuit Paris et s’installe à Genève pour échapper aux condamnations des conseils de guerre, publie La Guerre sociale où elle raconte l’histoire de l’insurrection. Elle meurt en 1900 et lègue par testament une rente à la première commune de France qui voudra faire un essai de collectivisme par l’achat d’un terrain communal travaillé en commun avec partage des fruits.
ELISABETH DMITRIEFF dite TOMANOVSKAÏA
COMMUNARDE, MILITANTE FÉMINISTE ET RÉVOLUTIONNAIRE RUSSE.
Née dans une famille noble de Russie, elle devient socialiste et contracte un mariage blanc avec le colonel Toumanovski afin de pouvoir se rendre à l’étranger. Elle se lie avec d’autres émigrés en Suisse et contribue à organiser à Genève une section russe de la Première Internationale. Elle prend part à la Commune de Paris. Elle cofonde l’Union des Femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés dont les membres s’engagent à « combattre et vaincre ou mourir ». Elle élabore alors un rapport d’inspiration socialiste sur une organisation du travail à base d’associations de production fédérées. Elle participe aux derniers combats de rue, est condamnée par contumace par le 6e conseil de guerre à la déportation alors qu’elle trouve refuge en Suisse puis en Russie. Elle fait partie des nombreux révolutionnaires étrangers ayant défendu et porté l’idéal internationaliste de la Commune de Paris, au prix parfois de leur vie.
NATHALIE LE MEL
COMMUNARDE, OUVRIÈRE RELIEUSE, MILITANTE FÉMINISTE ET RÉVOLUTIONNAIRE.
Contrairement aux habitudes de l’époque vis-à-vis des filles, elle reçoit une bonne instruction. A 19 ans elle ouvre avec son mari une librairie à Quimper, lit des journaux socialistes. Elle s’installe à Paris, se fait remarquer pour son engagement politique et obtient en 1865 l’égalité des salaires hommes-femmes chez les relieurs. Elle rejoint l’Association International des Travailleurs en 1865 et se voit confier la gestion du restaurant associatif La Marmite, développe d’autres succursales qui deviennent rapidement des clubs révolutionnaires. Elle quitte son mari, s’implique dès le début de la Commune et prend la tête, avec Elisabeth Dmitrieff, de l’Union des Femmes pour la défense de Paris et les soins des blessés où elle mène une action féministe et révolutionnaire. Elle entraine les femmes sur les barricades pendant la semaine sanglante, est à la tête d’un bataillon d’une cinquantaine de femmes. Condamnée à la déportation en Nouvelle Calédonie après la Commune, elle embarque avec Louise Michel, et rentrera diminuée lors de l’amnistie partielle en 1879. Restée fidèle à son idéal internationaliste, elle meurt dans la misère à l’hospice d’Ivry.
MARIE LEROY
COMMUNARDE, MILITANTE RÉVOLUTIONNAIRE.
Un rapport de la Police de Rouen daté de 1872 brosse son portrait, sous un jour qui trahit toutes les normes sociales qui pèsent sur les femmes de son époque. Décrite comme « ayant un caractère extravagant, fantasque », Marie Leroy y est accusée d’avoir « vécu dans l’inconduite à la mort de son mari » et même de s’être livrée à la prostitution. Ces accusations ne reposent sur aucune preuve tangible et témoignent des normes sociales pesant sur les femmes non-mariées vivant en concubinage ou fréquentant des hommes au XIXe siècle.
Elle est condamnée en 1871 par le 3e conseil de guerre à la déportation simple et arrive en Nouvelle Calédonie en 1873. Elle est internée à sa demande à la presqu’île Ducos où elle travaille comme couturière. Elle est ensuite employée comme comptable chez un charcutier à Nouméa. Sa peine est commuée en novembre 1879 en cinq ans de bannissement à l’issue desquels elle rentre en France. Arrivée à Paris avant la Commune, Marie Leroy appartient au Comité des Dames qui s’occupe d’orphelinats de la Garde Nationale.
ANNA JACLARD
COMMUNARDE, ÉCRIVAINE ET MILITANTE RÉVOLUTIONNAIRE.
Née dans une vieille famille aristocrate russe, elle publie avec l’aide de Dostoïevski la nouvelle Le Rêve, et restera une proche amie malgré le refus qu’elle fait à la demande en mariage du romancier. Elle rejoint Paris où elle fréquente les milieux blanquistes, s’exile avec son mari Jaclard à Genève où elle rejoint le groupe russe de l’Internationale avant de revenir à Paris. Elle fait partie du Comité de Vigilance des citoyennes du XVIIIe durant la Commune, est déléguée aux hôpitaux et ambulances. Elle est condamnée par contumace aux travaux forcés à perpétuité et gagne alors la Suisse puis la Russie avant d’être graciée en 1879 et de revenir à Paris. Elle fait partie des nombreux militants révolutionnaires étrangers fidèles à des idéaux internationalistes, ayant défendu la Commune de Paris, au prix parfois de leur vie.
HORTENSE MACHU
COMMUNARDE, MILITANTE RÉVOLUTIONNAIRE.
Veuve et mère de deux enfants, brossière, elle devient cantinière sous la Commune. Elle concourt à la défense de la barricade de la rue Royale, tire le canon et manoeuvre les mitraillettes place de la Concorde. Elle est accusée devant le 4e conseil de guerre d’avoir pris part à l’incendie des Tuileries et est condamnée en 1872 aux travaux forcés à perpétuité. Cet incendie était organisé en représailles aux massacres de masse perpétrés dans les rues parisiennes par les troupes versaillaises durant la Semaine Sanglante. Elle est condamnée aux travaux forcés à perpétuité en 1872. Ce jugement est sans commune mesure avec le chef d’accusation, l’incendie d’un bâtiment sans aucune perte humaine, alors même que les massacres font rage dans les rues. En dépit d’un comportement dit exemplaire à Auberive (abbaye carcérale), elle n’obtient aucune remise de peine.
ANNE-MARIE MENAND
COMMUNARDE, MILITANTE RÉVOLUTIONNAIRE.
Cuisinière puis vendeuse de journaux rue Royale, elle est condamnée en 1870 pour complicité de vol. Elle habite ensuite à Vincennes où elle vend de l’eau-de-vie aux soldats et se livre, après l’amnistie de la guerre contre la Prusse, à la prostitution. Après la proclamation de la Commune, elle revient habiter à Paris et travaille dans une cantine avenue Wagram. Elle prend plusieurs fois la parole au club de l’église Saint-Eustache. Arrêtée rue Boissy d’Anglas pour avoir participé à des incendies, elle est condamnée à la peine de mort en 1872 et voit sa peine commuée en travaux forcés à perpétuité en 1872. Elle est alors envoyée en Guyane.
JOSÉPHINE MARCHAIS
COMMUNARDE, MILITANTE RÉVOLUTIONNAIRE.
Reconnue et légitimée par le mariage de sa mère et de Jean Marchais, elle fait dans sa jeunesse six mois de prison pour vol. Lorsque la Commune commence en 1871, elle est vivandière au bataillon des Enfants-Perdus où se trouve alors son amant le sieur Guy. Elle forcera ce dernier à combattre sur les barricades et manie elle-même les armes. Accusée de pillage et de propos obscènes, elle est condamnée à mort et voit sa peine commuée en travaux forcés à perpétuité. Envoyée en Guyane, elle s’évade en novembre 1872 avant d’être retrouvée. Elle meurt en février 1874, peut-être à cause d’une nouvelle tentative d’évasion. Des sources l’évoquent cependant en 1885, en tant que femme d’un gendarme.
ALIX PAYEN
COMMUNARDE, MILITANTE RÉVOLUTIONNAIRE, INFIRMIÈRE.
Née dans une famille bourgeoise républicaine et fouriériste, elle est instruite comme ses frères. Pendant le siège de la Commune, elle vit dans le Xe arrondissement de Paris avec son mari. Elle s’engage comme infirmière dans le 153e bataillon où son mari est soldat de la Garde nationale. Elle participe aux combats défendant le fort d’Issy, puis ceux de Levallois. Elle quitte ensuite Paris avec sa famille, écrit alors des lettres qui sont aujourd’hui un témoignage sur la défense de Paris assiégé par les Versaillais. Elle meurt à Paris en 1903. Son frère le peintre Paul Milliet publie ses lettres de la Commune dans les Cahiers de la quinzaine en 1911 puis en livre en 1915-1916.
BLANCHE LEFEBVRE
COMMUNARDE, MILITANTE RÉVOLUTIONNAIRE, LAVANDIÈRE.
Blanche Lefebvre est une blanchisseuse du lavoir Sainte-Marie des Batignolles, dans le 17e arrondissement de Paris. Au bas de la hiérarchie des métiers ouvriers, la blanchisserie est un métier extrêmement pénible exercé par de nombreuses femmes à la fin du XIXe siècle. Lors de la Commune de Paris de 1871, Blanche Lefebvre est membre du Club de la Révolution sociale et de la Commission exécutive du comité central de l’Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés. Blanche Lefebvre compte parmi plus de dix milles femmes combattant pour la liberté « aux jours de mai », durant la semaine sanglante. Elle participe ainsi à la défense de la Place Blanche, aux côtés d’autres Fédérées et de Fédérés dont l’histoire retiendra les noms. Elle meurt à 24 ans en combattant les troupes versaillaises à la barricade des Batignolles.
Quelles rues s’agit-il de nommer ?

3 voies circulées :
- 1 artère principale nord/sud, entre le prolongement de la rue Voltaire et la rue du Bel Air
- 2 prolongements de rues existantes est/ouest, le prolongement de la rue Voltaire, et celui de la rue Olympe de Gouges
2 sentes piétonnes allant de la rue Malleret-Joinville à la rue Léon Geffroy :
- Au nord du prolongement de la rue Olympe de Gouges, « sente A »
- Au nord du prolongement de la rue Voltaire, « sente B »
Phases
Consultation choix des noms
Vous êtes appelés à choisir 5 noms parmi les 10 proposés.
